Depuis plus de quinze ans, la mairie de la commune de Ndzomoé se trouve toujours installée dans un siège provisoire au quartier Lalala, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, loin de son territoire naturel qui appartient pourtant au département du Komo-Océan. Cette situation ubuesque soulève une interrogation légitime : comment les populations de la Pointe-Denis, de Ndzomoé, de Chinchua et des autres localités insulaires de ce département peuvent-elles bénéficier d’un service municipal situé à des dizaines de kilomètres de leurs terres ?
La mairie, institution clé au service de ses administrés, a pour mission d’être proche des populations, de faciliter l’accès aux services administratifs, d’organiser le développement local, de veiller à l’entretien des infrastructures et d’être l’émanation même de la démocratie de proximité. Or, dans le cas de Ndzomoé, c’est tout le contraire qui se produit. Cette mairie délocalisée profite davantage aux habitants et acteurs du quartier Lalala et des environs de Libreville, que aux véritables natifs du Komo-Océan, qui restent délaissés et souvent oubliés.
Cette anomalie administrative de plus de quinze ans, dans laquelle la mairie s’entête à rester hors de ses terres, témoigne d’une incohérence flagrante, d’un mépris des besoins réels des populations et d’un dysfonctionnement profond. Il est inadmissible que des citoyens vivant sur les îles et côtes du Komo-Océan, contraints de parcourir des distances importantes en mer et sur terre pour accéder à leurs droits civiques et services administratifs, soient ainsi pénalisés.
La mairie de Ndzomoé doit impérativement retrouver son siège dans son département naturel, là où résident réellement ses administrés. Le maintien de cette situation ne peut qu’accentuer le sentiment d’abandon, alimenter les frustrations et compromettre le développement harmonieux et équitable de ce territoire. Il est temps que les autorités locales, régionales et nationales agissent avec responsabilité et placent enfin les intérêts des populations natives au cœur des décisions.
