Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), sous la houlette de sa présidente Ayo Mba Akolly, a lancé une procédure disciplinaire sans précédent visant 19 magistrats accusés de corruption, d’abus de pouvoir et d’extorsion de fonds. Des accusations lourdes qui viennent écorner l’image d’un corps judiciaire censé être le garant de l’intégrité et de l’impartialité.
Ce qui se joue aujourd’hui est bien plus qu’un simple contrôle interne : c’est une crise profonde qui ébranle la magistrature gabonaise. Ces hauts fonctionnaires de la justice, censés incarner l’éthique et la rigueur, sont désormais confrontés à leurs responsabilités. Les dossiers, minutieusement préparés par le secrétariat permanent du CSM, dévoilent des pratiques opaques et dévoyées qui minent la confiance des citoyens envers leur système judiciaire.
« Cette procédure vise à éradiquer les comportements déviants et à réaffirmer l’intégrité de la magistrature », a souligné Mme Mba Akolly, en écho aux attentes grandissantes de la société gabonaise. Ce geste, aussi courageux qu’impératif, s’inscrit dans la volonté affichée par les autorités de la 5ᵉ République de restaurer un État de droit trop longtemps mis à mal.
Les sanctions attendues, qui seront rendues publiques lors du prochain Conseil supérieur de la magistrature présidé par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema, pèseront lourdement. Au-delà des simples mesures disciplinaires, c’est tout un message symbolique qui sera envoyé : la justice gabonaise est-elle prête à faire le ménage en son sein ? À tourner définitivement la page d’une impunité chronique ?
Pour les justiciables, souvent confrontés à des injustices ou à des pratiques clientélistes, cette procédure est une lueur d’espoir. Elle est l’occasion de redonner confiance à un système que beaucoup perçoivent aujourd’hui comme divisé, voire à deux vitesses.
Cette étape représente une véritable épreuve de vérité pour la justice gabonaise. Si les sanctions sont à la hauteur des faits reprochés et appliquées avec rigueur, ce sera un signal fort dans la lutte contre la corruption au sein du système judiciaire. En revanche, des décisions timorées risqueraient de creuser encore davantage le fossé entre la justice et les citoyens.
En mettant 19 de ses membres face à leurs responsabilités, la magistrature du Gabon engage bien plus que sa réputation. Elle engage son avenir, sa légitimité et sa capacité à être, enfin, le pilier impartial et respecté de la loi pour tous.
