Les éléments rendus publics dans l’affaire impliquant Pascal Ogowe Siffon dessinent un schéma troublant : un ministre qui ne travaille presque qu’avec ses proches, des décisions concentrées entre quelques mains liées par le sang, l’amitié ou le clan, et des circuits financiers qui profitent toujours aux mêmes.
À la lecture des faits, la répétition saute aux yeux : secrétaire de cabinet, signataires, conseillers financiers, intermédiaires… le cœur du dispositif est familial et affinitaire. Quand un cabinet ministériel fonctionne ainsi, ce n’est plus l’État qui gouverne, c’est un cercle privé qui se sert.
Cette logique explique aussi l’enrichissement visible de l’entourage.
Les montants évoqués, les retraits massifs, la circulation de fonds entre comptes publics et personnes proches posent une question simple : comment parler de gestion rigoureuse quand l’administration est confisquée par le népotisme et le clanisme ? Un cabinet n’est pas un héritage familial, encore moins une caisse de solidarité clanique. En agissant de la sorte, on détourne non seulement l’argent public, mais aussi le sens même de la fonction ministérielle, censée servir l’intérêt général et non une parentèle.
Dans ce contexte, certaines mobilisations communautaires observées au tribunal deviennent plus compréhensibles — sans être acceptables. Il ne s’agit pas d’accuser une communauté entière, mais de dénoncer une instrumentalisation dangereuse : quand un responsable n’a travaillé qu’avec les siens, il est tentant d’appeler « les siens » à le défendre coûte que coûte. Or la justice n’est ni clanique ni communautaire.
Elle juge des actes, pas des appartenances. Défendre l’indéfendable au nom du lien identitaire, c’est cautionner le désordre et affaiblir l’État de droit. La République ne peut se construire sur le népotisme ; elle exige la compétence, la transparence et la responsabilité, pour tous, sans exception.

