Depuis l’éclatement
de l’affaire impliquant Pascal Ogowe Siffon, une constante revient avec insistance dans le débat public : cet homme n’en serait pas à sa première controverse.
Bien avant les soupçons actuels de détournement de fonds publics, son nom avait déjà circulé dans des dossiers sensibles, notamment lors du procès très médiatisé de la Young Team. À l’époque, l’ancien Directeur de Cabinet adjoint d’Ali Bongo l’avait cité, évoquant des pratiques troubles dans les circuits de décisions fiscales, sans que ces déclarations ne donnent lieu à des suites judiciaires claires.
Selon plusieurs témoignages versés au débat public, Pascal Ogowe Siffon aurait été présenté comme un acteur central de redressements fiscaux négociés en dehors du strict cadre réglementaire. Des montants allant de 150 à 300 millions de francs CFA auraient été évoqués comme des contreparties financières dans certains dossiers, en échange d’arrangements administratifs. Il s’agit là d’accusations graves, qui n’ont jamais été formellement jugées, mais qui résonnent aujourd’hui de manière troublante à la lumière des faits reprochés dans l’affaire actuelle.
Ce qui choque l’opinion, c’est la cohérence du profil qui se dessine : celui d’un responsable public décrit comme entretenant un rapport obsessionnel à l’argent, prêt à instrumentaliser l’appareil de l’État pour servir des intérêts privés.
Si la justice devra établir les responsabilités et distinguer les faits avérés des allégations, une question demeure : comment un homme déjà cité dans des affaires de corruption présumée a-t-il pu accéder, puis se maintenir, à de hautes fonctions ? L’affaire Siffon apparaît ainsi moins comme un accident que comme l’aboutissement d’un système tolérant trop longtemps les zones d’ombre, au détriment de la crédibilité de l’État et de la confiance des citoyens.

