Manganèse : le Gabon reprend la main et impose une nouvelle doctrine minière

À Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, Brice Clotaire Oligui Nguema a franchi un cap historique dans la gestion des ressources naturelles du pays lors de son échange avec Christel Bories. Après plus de trente années d’exploitation du manganèse selon un modèle essentiellement tourné vers l’exportation brute, le Gabon acte désormais une rupture stratégique : la transformation locale du minerai devient une priorité nationale.

À travers ce nouvel accord avec Eramet, Libreville entend bâtir une économie davantage fondée sur la création de valeur ajoutée, l’industrialisation et l’emploi local. Le groupe minier français s’engage ainsi à développer un véritable écosystème industriel au Gabon, avec des objectifs précis en matière de transformation du manganèse et de création d’emplois qualifiés pour les Gabonais.

Mais l’annonce la plus marquante reste sans doute l’entrée du Gabon au capital d’Eramet. Une évolution stratégique qui permet à l’État gabonais de renforcer son influence dans la gouvernance minière et de devenir un acteur direct de la chaîne de valeur mondiale du manganèse. L’accord prévoit également la modernisation du Transgabonais, infrastructure essentielle au développement industriel et logistique du pays.

À travers cette nouvelle orientation, le pouvoir gabonais affiche clairement son ambition de construire une souveraineté minière assumée, où les ressources nationales ne servent plus uniquement à enrichir les marchés extérieurs, mais deviennent un véritable levier de transformation économique et sociale pour le pays.

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