Moyen-Ogooué : un tradipraticien arrêté après des accusations d’abus sur des patientes sous iboga

Le village Paris-Bifoun, situé dans le canton Bifoun-Abanga, département de l’Abanga-Bigné dans la province du Moyen-Ogooué, est au cœur d’une affaire qui suscite indignation et colère au sein des populations locales. Un tradipraticien, communément appelé « nganga », a récemment été interpellé après de graves accusations portant sur l’administration excessive d’iboga à plusieurs patientes avant d’abuser d’elles sexuellement alors qu’elles se trouvaient dans un état de faiblesse avancée.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le mis en cause profitait des séances de soins traditionnels pour administrer des doses importantes d’iboga à certaines femmes venues consulter pour des problèmes spirituels, familiaux ou de santé. Sous l’effet de cette substance aux puissants effets psychotropes, les victimes perdaient progressivement leurs repères, devenant vulnérables face au tradipraticien qui aurait ensuite profité de leur état pour entretenir des rapports sexuels avec elles.

Dans le village, l’affaire provoque une onde de choc. Beaucoup dénoncent une trahison de la confiance accordée aux pratiques traditionnelles et craignent que de tels comportements ne ternissent l’image des véritables guérisseurs respectueux des règles et des valeurs ancestrales.

« Ce qu’il a fait est inacceptable. Un nganga est censé soigner et protéger les populations, pas profiter de femmes affaiblies par les produits qu’il leur donne », déplore Jean-Claude Moussavou, habitant de Paris-Bifoun, visiblement choqué par les accusations portées contre le tradipraticien.

Même indignation du côté de Marie-Thérèse Ndzié, commerçante dans la localité : « Beaucoup de femmes vont voir les ngangas avec confiance parce qu’elles cherchent des solutions à leurs problèmes. Si certains commencent à utiliser l’iboga pour manipuler et abuser des patientes, cela devient extrêmement grave. Les autorités doivent sanctionner sévèrement ce genre de comportement. »

D’après des sources locales, l’homme aurait été placé entre les mains des services compétents afin de répondre des faits qui lui sont reprochés. Une enquête aurait été ouverte pour établir les circonstances exactes de cette affaire et identifier d’éventuelles autres victimes.

Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur l’encadrement des pratiques traditionnelles au Gabon, notamment l’usage de l’iboga, plante sacrée utilisée dans plusieurs rites initiatiques mais dont les effets peuvent devenir dangereux lorsqu’elle est administrée sans contrôle ni responsabilité.

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