Le projet de loi sur l’activité de crédit dans les secteurs bancaire et de la microfinance continue de susciter de nombreux débats au Gabon. Rejeté récemment par l’Assemblée Nationale, ce texte porté par le Gouvernement visait pourtant à mieux encadrer les pratiques de crédit et à protéger davantage les emprunteurs, notamment les populations les plus vulnérables.

Adopté en Conseil des Ministres le 23 octobre 2025 puis transmis au Parlement quelques semaines plus tard, ce projet de loi ambitionnait d’apporter des solutions concrètes aux difficultés rencontrées par de nombreux Gabonais dans leurs relations avec les banques et établissements de microfinance. Cependant, lors de la séance plénière du 08 mai 2026, les députés ont voté contre son adoption. En cause principalement : l’existence d’un règlement communautaire de la CEMAC déjà consacré à la gestion des mauvais payeurs et des crédits non remboursés.
Malgré ce rejet, le Gouvernement insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes du secteur financier. Pour les autorités, cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’action publique et dans la volonté de renforcer la stabilité économique du pays. Le texte présenté ne concernait d’ailleurs pas uniquement les impayés, mais abordait plusieurs problématiques majeures liées à l’accès au financement.
Lors des travaux en commission parlementaire, plusieurs préoccupations avaient été soulevées par les députés. Ces derniers ont notamment attiré l’attention sur les difficultés d’accès au crédit pour les populations modestes, les taux d’intérêt jugés trop élevés, la multiplication des établissements de microfinance, ainsi que les pratiques parfois abusives observées dans le recouvrement des dettes.
Le Gouvernement estime en effet que le secteur du crédit au Gabon traverse de nombreuses difficultés. Entre l’augmentation des impayés, l’absence de procédures harmonisées et certains abus dénoncés par les usagers, le système actuel fragilise aussi bien les institutions financières que les emprunteurs. Cette situation limite fortement l’accès aux financements, en particulier pour les citoyens économiquement faibles et les petits entrepreneurs.
Le projet de loi proposait ainsi plusieurs mesures destinées à protéger les clients des banques et des microfinances. Les établissements auraient notamment eu l’obligation de proposer des produits adaptés à la capacité de remboursement de leurs clients et de fournir des informations plus transparentes sur les coûts réels des crédits accordés.
À travers cette réforme, les autorités affichaient également une ambition plus large : renforcer la souveraineté économique du Gabon en modernisant le système bancaire et en favorisant le financement de l’économie nationale en monnaie locale.
Sur le plan politique, le Gouvernement rappelle enfin que la réussite de telles réformes dépend aussi du soutien du Parlement. Les autorités considèrent qu’une collaboration étroite entre l’exécutif et les élus demeure essentielle pour garantir la stabilité du pays, améliorer l’accès des populations au financement et préserver la solidité du système bancaire national.

