Gabon: Pourquoi parle-t-on désormais de Cinquième République ?

Le Gabon est officiellement entré dans sa Cinquième République. Une annonce qui suscite de nombreuses interrogations dans l’opinion publique : pourquoi parle-t-on soudainement de « Cinquième République » ? Sur quoi se fonde ce changement ? Et que signifie-t-il concrètement pour l’avenir institutionnel du pays ? Éléments de réponse.

Depuis le 6 novembre 2024, date d’adoption de la nouvelle Constitution, le Gabon a officiellement tourné la page de la Quatrième République, instaurée en 1991. Ce changement marque l’entrée dans une nouvelle ère institutionnelle, qualifiée de Cinquième République. Dans l’histoire politique d’un État, chaque « République » correspond généralement à une période institutionnelle nouvelle, ouverte par l’adoption d’une Constitution fondatrice ou profondément rénovée, traduisant souvent une volonté de rupture ou de refondation.

En s’appuyant sur les travaux du constitutionnaliste Professeur Guy Rossatanga-Rignault, ce visuel récapitule les cinq grandes étapes de l’évolution républicaine du Gabon :

  • 18 février 1959 : première Constitution, marquant la naissance de la Première République ;
  • 4 novembre 1960 : seconde Constitution, amorçant la Deuxième République ;
  • 21 février 1961 : nouvelle Constitution et début de la Troisième République ;
  • 26 mars 1991 : adoption de la Constitution de la Conférence nationale, fondant la Quatrième République, celle d’une ouverture au multipartisme ;
  • 6 novembre 2024 : promulgation de la Cinquième Constitution, acte fondateur de la Cinquième République, fruit du processus de transition enclenché après le changement politique majeur d’août 2023.

Cette Cinquième République, voulue par le Président de la Transition, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, entend restaurer la confiance entre les institutions et le peuple. Elle réaffirme l’autorité de l’État tout en redéfinissant les rôles : le Président de la République devient également Chef du Gouvernement, avec un Vice-Président en soutien, selon une logique de simplification et d’efficacité. L’objectif : poser les bases d’un nouveau contrat social, plus inclusif, plus transparent, tourné vers la souveraineté nationale et le développement humain.

La Cinquième République gabonaise n’est donc pas qu’un changement de numérotation. Elle symbolise un nouvel élan, une volonté politique de rupture avec les pratiques anciennes, et la promesse d’un avenir institutionnel renouvelé pour tous les Gabonais.

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