Alors que les pelleteuses continuent de raser les habitations érigées anarchiquement derrière l’Assemblée nationale et dans la zone de Plaine Orety, un message clair s’impose à tous : le développement du Gabon ne saurait se construire dans le désordre. Ces destructions, aussi douloureuses soient-elles, viennent rappeler une vérité fondamentale trop souvent ignorée : nul n’est au-dessus des règles d’urbanisation et de sécurité publique.
Depuis des années, malgré les multiples campagnes de sensibilisation, de nombreuses familles persistent à bâtir dans des zones à risque ou appartenant au domaine public. Cette obstination, parfois alimentée par des complicités silencieuses ou le manque de contrôle en amont, finit toujours par se heurter à la rigueur de la loi. Les conséquences ? Des drames humains évitables, des pertes économiques majeures et un ralentissement des projets d’aménagement structurants.
Il est temps de sortir de la logique du « ça ira », du « tout le monde le fait » ou du « on verra après ». Le cas de Plaine Orety et des abords de l’Assemblée nationale doit servir d’électrochoc. Car au-delà des bulldozers, c’est la volonté de restaurer l’ordre et de préserver l’intérêt général qui s’exprime. Le domaine public n’est pas une terre en jachère à s’approprier, mais un espace stratégique réservé à l’utilité collective : routes, équipements, zones inondables à protéger, infrastructures à venir.
Ceux qui occupent encore illégalement ces zones sont invités à faire preuve de responsabilité et à libérer les lieux d’eux-mêmes, pendant qu’il est encore temps. Le gouvernement a clairement affirmé son engagement à réorganiser l’espace urbain pour bâtir un Gabon moderne, fonctionnel et sécurisé. Ce combat ne pourra être gagné sans la coopération active des populations.
La conscientisation est aujourd’hui un impératif. Chacun doit comprendre que respecter les plans d’urbanisme, c’est protéger sa famille, c’est anticiper sur l’avenir, c’est donner une chance réelle au développement. Le Gabon ne peut pas prétendre à la modernité tout en tolérant l’occupation illégale de zones sensibles.
Quitter volontairement les zones à risque, c’est choisir la légalité. C’est refuser de subir demain ce que l’on peut prévenir aujourd’hui. Car l’État poursuivra son action, avec fermeté mais dans le respect de la dignité humaine. Mieux vaut partir à temps, que de rester et tout perdre. Le développement du pays passera, inévitablement, par le respect scrupuleux de l’urbanisation.
