Gabon : A Libreville, le Collectif des agents d’appui à la mairie sollicite la revalorisation de leur statut

Le Collectif des agents d’appui à la mairie (CAPM), opérant dans les espaces publics ou encore les brigades, a décidé de sortir du silence. Exerçant dans l’ombre depuis de nombreuses années, ces agents municipaux estiment être relégués au second plan. Leur revendication principale : la régularisation de leur statut et l’amélioration de leurs conditions de vie au sein de l’Hôtel de ville de Libreville.

Les agents du CAPM interviennent dans plusieurs services municipaux, notamment la gestion et l’encadrement des marchés, le contrôle alimentaire, ou encore comme commis. Malgré leur rôle essentiel dans le fonctionnement quotidien de la commune, ils se disent oubliés par l’administration et réclament davantage de reconnaissance.

« Difficile de semer sans jamais récolter », lâche amèrement Prince Ntetome, vice-président du Collectif, qui pointe une inadéquation criante entre les missions accomplies et la reconnaissance institutionnelle. « Nous travaillons pour beaucoup depuis 10, 20, 30 ans, et nous ne sommes pas engagés », dénonce-t-il, soulignant l’abnégation dont font preuve ces agents au service de la collectivité.

Une situation précaire qui affecte aussi leur vie sociale et familiale. Pierre Mba, agent d’appui depuis 32 ans, livre un témoignage poignant : « Je dors dans une chambre avec mes sept enfants, sans salaire, sans perspective. » Ce père de famille comme tant d’autres espérait, à force de dévouement et de loyauté, une amélioration de son sort. « Avec tout ce qu’on fait et tout l’argent qu’on fait rentrer au Trésor Public, on espérait que les choses changent », renchérit-il avec amertume.

Alors que la modernisation des services publics est affichée comme l’une des priorités des autorités, le traitement réservé au CAPM fait figure de test de crédibilité. Une réponse rapide et appropriée de la part de la municipalité permettrait non seulement de réparer une injustice sociale, mais aussi de restaurer la dignité d’agents longtemps ignorés, malgré leur contribution quotidienne au bon fonctionnement de la ville.

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