Réuni ce 8 mai 2025 sous la présidence du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la Cinquième République. Deux projets de décrets majeurs ont été adoptés, traduisant une volonté ferme d’instaurer une gouvernance plus rigoureuse, plus cohérente et juridiquement sécurisée.
Un Conseil interministériel mieux encadré pour une coordination gouvernementale efficace
Le premier texte adopté fixe les attributions et le fonctionnement du Conseil interministériel, désormais pierre angulaire de la coordination gouvernementale. Organe stratégique placé sous l’autorité du Président de la République, il est présidé, par délégation, par le Vice-Président du Gouvernement.
Ce Conseil a pour mission principale l’examen préalable des affaires nouvelles ou urgentes portées par les membres du Gouvernement, avant leur soumission au Conseil des ministres. Le décret précise les conditions de convocation, les responsabilités du Secrétariat Général du Gouvernement dans la préparation des dossiers, ainsi que les procédures de transmission, d’adoption et de suivi des décisions.
L’objectif affiché : instaurer une chaîne de coordination administrative fluide, rigoureuse et transparente, afin de garantir la célérité et la pertinence des politiques publiques.
Une réforme profonde de la production normative
Le second décret adopté vient encadrer l’ensemble des procédures d’élaboration, d’adoption, de promulgation et de publication des textes législatifs et réglementaires. Pris également en application de l’article 95 de la Constitution, il instaure une méthodologie gouvernementale claire et harmonisée, fondée sur la sécurité juridique et la qualité de la norme.
Ce décret détaille minutieusement : la préparation des avant-projets de textes et les consultations techniques requises ; le double passage obligatoire par le Conseil interministériel et le Conseil des ministres ; l’avis du Conseil d’État pour les textes réglementaires ou législatifs concernés ; les étapes de promulgation, de contreseing, et les possibilités de seconde lecture parlementaire ainsi que la numérotation, la datation et la publication officielle des textes par la Direction des Publications Officielles.
Cette réforme normative s’inscrit dans une vision de modernisation de l’État, où chaque texte produit doit répondre à des standards élevés de cohérence, de clarté et de légitimité.
Une gouvernance de la Cinquième République en pleine consolidation
Avec ces deux décrets, le Gouvernement gabonais poursuit la structuration méthodique de son action, en dotant l’exécutif de procédures solides et adaptées aux exigences de la Cinquième République. C’est l’expression d’une ambition claire : professionnaliser la gestion publique, responsabiliser les acteurs institutionnels et réconcilier l’État avec la rigueur administrative.
Ces décisions marquent un tournant dans la gouvernance gabonaise, et témoignent de la volonté du Président de la République d’inscrire son action dans une démarche durable de réforme et de crédibilité institutionnelle.
