Gabon : Lutte urgente contre la prostitution, un défi de sécurité et de dignité nationale

Malgré la récente arrestation d’un réseau de placement à Libreville, la prostitution continue de proliférer ouvertement dans plusieurs quartiers de la capitale gabonaise. Ce phénomène inquiétant, qui touche aussi bien des zones bien identifiées que des milieux dits « de luxe », appelle à une mobilisation urgente et coordonnée des pouvoirs publics pour enrayer ce fléau qui nuit à la sécurité, à la santé publique et à la dignité humaine.

Dans les rues de Libreville, des quartiers entiers comme Louis, où à chaque coin de rue des prostituées interpellent passants et parfois même des élèves du lycée Quaben, illustrent la banalisation de cette pratique. Le bord de mer, traditionnellement connu comme un lieu de prostitution, continue d’être un espace de rendez-vous pour ces activités illicites. À Nkembo, à la gare routière surnommée « Yogo Santé », à Atsibe-Tsoss, ou encore à Lalala (tant à droite qu’à gauche) où l’on croise des prostituées venues du Cameroun, la situation reste préoccupante. Sans oublier les sites stratégiques comme le rond-point de la Démocratie ou le carrefour Nzeng Ayong.

Au-delà de la rue, les boîtes de nuit constituent un autre foyer de la prostitution, où les règles du jeu sont simples : un simple bonjour peut valoir une proposition tarifée, soulignant la marchandisation criante des relations humaines. Ce commerce du corps ne se limite pas aux espaces publics, il s’insinue aussi dans les sphères plus huppées à travers certaines « influenceuses » qui pratiquent une forme de prostitution dite de luxe. Celles-ci s’adonnent à des relations avec des hommes de haut standing, à des tarifs souvent très élevés, tout en arborant la casquette d’influenceuse sur les réseaux sociaux. Ce double jeu entretient une confusion dangereuse entre image publique et réalité souvent brutale.

Plus inquiétant encore est le développement de la prostitution professionnelle, où certaines femmes choisissent cette voie pour gravir les échelons sociaux, sacrifiant leur dignité sur l’autel du succès. Cette réalité pose un véritable défi moral et social.

Face à ce constat, il est impératif que les pouvoirs publics sortent de la posture réactive et adoptent une stratégie proactive de lutte contre la prostitution sous toutes ses formes. Si la démantèlement récent d’un réseau de placement est à saluer, il ne suffit pas à endiguer un phénomène qui reste largement visible et toléré.

Les forces de l’ordre doivent intensifier leurs patrouilles dans les quartiers identifiés, procéder aux arrestations nécessaires et mettre fin à l’impunité qui règne souvent dans ces zones. Une action de terrain forte et continue est essentielle pour restaurer l’ordre public et protéger les populations vulnérables.

Parallèlement, une campagne de sensibilisation massive doit être menée, notamment auprès des jeunes et des familles, pour prévenir la dérive vers ces réseaux. Les structures d’accompagnement et de réinsertion sociale doivent être renforcées pour offrir des alternatives crédibles aux personnes exposées.

Enfin, il est crucial de dénoncer avec fermeté les dérives liées à la prostitution de luxe et au rôle ambigu de certaines figures publiques qui, sous couvert d’influence, promeuvent indirectement ce système. La société gabonaise doit prendre conscience des dangers d’une telle banalisation, qui fragilise les valeurs et nuit à la cohésion sociale.

La lutte contre la prostitution au Gabon est un enjeu de sécurité, de santé publique, mais surtout de respect de la dignité humaine. Elle requiert une réponse déterminée, globale et concertée, impliquant l’État, la justice, les forces de sécurité et la société civile. Sans cette mobilisation, le pays risque de voir s’aggraver un fléau qui impacte gravement son avenir social et humain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *