Henri-Claude Oyima : un ministre apprécié quitte le gouvernement sans avoir démérité

Le récent remaniement ministériel qui a marqué l’entrée en fonction du Gouvernement Oligui Nguema II a notamment été ponctué par la sortie du ministère de l’Économie, des Finances, du Budget, de la Dette et de la Lutte contre la vie chère de Henri‑Claude Oyima. Cette décision, intervenue le 1ᵉʳ janvier 2026, s’inscrit dans une recomposition générale de l’équipe gouvernementale, mais ne doit pas faire oublier le travail accompli par cet homme d’État et d’affaires durant son passage à l’Hôtel des Finances.

Nommé en mai 2025 au sein du premier gouvernement post-transition, Oyima avait été investi d’un portefeuille particulièrement sensible en cette période charnière pour l’économie nationale. L’enjeu était double : impulser des réformes structurelles nécessaires à la stabilité macroéconomique tout en protégeant le pouvoir d’achat des Gabonaises et des Gabonais.

Durant ses huit mois à la tête de ce super-ministère, il s’est engagé à remettre de l’ordre dans les finances publiques, en s’attaquant notamment aux déséquilibres budgétaires et à la dette publique, tout en cherchant des voies de financement structurantes plutôt que des subventions sans effet productif. Ce cap a souvent été défendu avec fermeté devant les acteurs économiques et financiers.
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Même si certaines de ses prises de position — comme la fameuse taxe forfaitaire d’habitation — ont suscité des débats vifs au sein de l’opinion, il apparaît clairement que son action n’a jamais manqué de cohérence ni de courage politique. Il a porté une vision orientée vers la rationalisation des dépenses publiques, la réforme des entreprises étatiques et une meilleure discipline budgétaire, alignée sur les objectifs de relance durable de l’économie gabonaise.

Il convient également de rappeler que, durant une large partie de son mandat, il a dû gérer des contraintes inédites liées à la transition institutionnelle et à la recomposition du gouvernement après la démission de plusieurs ministres élus. Sa capacité à maintenir le cap dans ces conditions témoigne de son professionnalisme et de sa résilience.

Le départ d’Oyima ne doit donc pas être interprété comme un jugement négatif sur ses capacités ou son engagement, mais plutôt comme une adaptation politique à un nouveau cycle gouvernemental où l’exigence de cohérence, d’écoute sociale et de gouvernance exigeante demeure centrale. Son successeur aura en héritage un cadre posé et des réformes initiées qui, si elles sont poursuivies avec rigueur, pourront renforcer la résilience de l’économie gabonaise.

Au-delà des débats, Henri-Claude Oyima laisse derrière lui l’image d’un ministre engagé, déterminé à servir son pays avec compétence et intégrité. Son retrait ouvre désormais un nouveau chapitre pour lui comme pour l’État, mais son passage à l’Hôtel des Finances restera une étape forte dans la dynamique de consolidation économique du Gabon.

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