Dans le calme feutré du Palais Rénovation à Libreville, une rencontre diplomatique a fait écho bien au-delà des murs officiels. Ce jour, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu l’ambassadrice des États-Unis accréditée au Gabon, Son Excellence Vernelle Trim Fitzpatrick, porteuse d’un message à forte portée géopolitique : une invitation personnelle de l’ex-président américain Donald Trump pour participer à une réunion multilatérale à Washington du 9 au 11 juillet 2025.
Peu d’États africains sont conviés à cette table. Outre le Gabon, la Guinée-Bissau, le Liberia, la Mauritanie et le Sénégal figurent sur la liste sélective des nations appelées à échanger directement avec Washington sur les contours d’un nouveau partenariat stratégique. Derrière les formules diplomatiques se dessinent des enjeux cruciaux : investissements américains, coopération militaire, enjeux climatiques, sécurité régionale, mais aussi une compétition d’influence face à la Chine et à la Russie en Afrique subsaharienne.
La participation du Gabon, pays en pleine transition institutionnelle, n’a rien d’anodin. Elle confirme une chose : Libreville pèse. Depuis son arrivée au pouvoir, Oligui Nguema a repositionné le Gabon comme un acteur stable, stratégiquement situé, et disposé à redéfinir ses alliances. Pour Washington, qui observe attentivement les évolutions politiques en Afrique centrale, le Gabon représente un partenaire crédible. Et pour Libreville, cette invitation incarne une opportunité : celle de faire entendre une voix nouvelle sur la scène internationale et de transformer un capital diplomatique en leviers concrets de développement.
