Adopté à une large majorité par l’Assemblée nationale de la Transition, le statut particulier des greffiers rompt enfin avec des décennies de revendications restées lettre morte et ouvre une parenthèse d’apaisement inédit au sein du corps judiciaire gabonais.
La scène se déroule dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale de la Transition, copieusement garni pour l’occasion. Sous la présidence de Jean-François Ndongou, les députés ont entériné, ce 18 juin, le projet de loi portant statut particulier des greffiers. Porté par le garde des Sceaux, le Dr Séraphin Akure Davain, ce texte était devenu le symbole des crispations sociales qui paralysaient régulièrement tribunaux et cours d’appel depuis plus d’un an.
Fruit d’un marathon de négociations, le projet a transité par la Commission des lois, où il a finalement obtenu le feu vert des parlementaires. Dans les travées, les représentants du Synagref et du SGG ont esquissé des sourires – un luxe rare après des mois de mobilisation. Pour la corporation, l’enjeu dépasse la simple revalorisation salariale : il s’agit de mieux définir les missions, la grille indiciaire et les perspectives de carrière d’un maillon souvent oublié mais essentiel de la chaîne judiciaire.
Le vote en procédure d’urgence reflète la volonté des autorités de solder rapidement ce dossier explosif. Prochaine étape : l’examen au Sénat, attendu sans véritable suspense. Si la chambre haute confirme le texte en l’état, il ne manquera plus que la promulgation présidentielle pour consacrer cette réforme historique, pierre angulaire de la refondation institutionnelle voulue par Brice Clotaire Oligui Nguema.
Reste à transformer l’essai : affectations budgétaires, décrets d’application et suivi des engagements feront office de révélateurs. Mais pour l’heure, après des années de rapports de force, la corporation savoure un moment rare : l’impression, enfin, d’être entendue.
