Pendant trois jours, l’Hémicycle du Ministère de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités a été le théâtre d’un exercice inédit dans l’histoire récente de l’administration gabonaise. Réunis autour de Madame Laurence NDONG, Ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités, plus de 110 experts issus de 29 administrations ont passé au crible, article après article et disposition après disposition, les projets de loi portant nouveau Statut général de la Fonction publique et nouveau Statut général des fonctionnaires.
Au-delà de la révision de deux textes majeurs, c’est une nouvelle manière de construire la réforme publique qui s’est exprimée. Contrairement aux pratiques qui ont longtemps prévalu, où les réformes statutaires étaient élaborées dans des cercles techniques restreints, le Gouvernement a fait le choix d’une large concertation interministérielle, associant la Présidence de la République, le Secrétariat général du Gouvernement, les institutions parlementaires ainsi que l’ensemble des départements ministériels concernés. Une méthode voulue par Madame le Ministre, convaincue que des textes appelés à régir durablement la carrière de milliers d’agents publics doivent être le fruit d’une réflexion collective et partagée.
Cette mobilisation exceptionnelle a permis de confronter les expériences de terrain, d’enrichir les propositions et de construire des textes plus cohérents avec les réalités actuelles de l’administration. Pendant trois jours, huit groupes de travail ont confronté leurs analyses, débattu de chaque disposition et recherché, dans un esprit de responsabilité, les solutions les plus adaptées aux défis de la Fonction publique gabonaise.
Dès l’ouverture des travaux, Madame Laurence NDONG avait fixé le cap en invitant les participants à mettre de côté les intérêts sectoriels pour faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation. Cet appel au patriotisme a largement inspiré les échanges. Les représentants des différentes administrations ont travaillé dans une logique de complémentarité, conscients que ces futurs statuts dépassent les préoccupations d’un seul ministère pour constituer le socle de toute l’administration publique.
L’un des principaux enjeux de cet atelier consistait à mettre les deux projets de loi en parfaite cohérence avec les dispositions de la Constitution de la Cinquième République. Les experts se sont également attachés à assurer une meilleure articulation avec les réformes déjà intervenues dans d’autres secteurs de l’action publique. Plusieurs évolutions prévues par des textes spécifiques ont ainsi été prises en compte afin de garantir l’harmonisation de l’ensemble de l’édifice juridique. À titre d’exemple, la reconnaissance de la médecine traditionnelle, désormais consacrée dans le Code de la santé, a été intégrée dans les réflexions afin d’assurer la cohérence des futures dispositions statutaires avec le droit positif gabonais.
Pour Madame le Ministre, cette démarche marque un tournant. Les projets de loi qui émergent de ces travaux ne sont pas ceux d’une seule administration, mais le résultat d’une intelligence collective mobilisée au service de l’État. Ils traduisent la volonté commune de moderniser la gestion des ressources humaines publiques, de mieux accompagner les agents dans leur carrière et de renforcer la qualité du service rendu aux citoyens.
Pour autant, cette étape ne constitue pas l’aboutissement de la réforme. Elle en marque le véritable point de départ. Les textes feront désormais l’objet d’une harmonisation technique avant leur transmission au Secrétariat général du Gouvernement. Ils poursuivront ensuite leur parcours institutionnel à travers le Conseil d’État, le Conseil des ministres, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), puis le Parlement, où ils seront examinés et débattus conformément à la procédure législative. Après leur adoption et leur promulgation, des textes d’application viendront préciser leurs modalités de mise en œuvre.
Cette réforme s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la transformation de l’administration un levier majeur de la refondation de l’État. En réunissant autour d’une même table l’ensemble des acteurs concernés, le Gouvernement a fait le choix de la concertation, de la responsabilité et de l’expertise collective pour construire les fondements de la Fonction publique de demain.
Pendant trois jours, l’administration gabonaise n’a pas seulement réécrit deux projets de loi. Elle a posé les bases d’une nouvelle méthode de gouvernance, où la réforme se construit avec tous ceux qui auront la responsabilité de la mettre en œuvre.

