Sosthène Nguema Nguema : le temps de la communication ne peut remplacer celui des explications

Le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, traverse une zone de fortes turbulences. Son nom alimente critiques, interrogations et commentaires, y compris dans son Woleu-Ntem natal. À Oyem notamment, des voix parmi les cadres de la province se montrent de plus en plus critiques à son égard. Dans un tel contexte, la meilleure réponse ne saurait être une bataille d’opinion menée par médias interposés : elle doit venir du principal concerné.

Car plusieurs griefs et accusations circulent désormais à son sujet. Certains remontent notamment à son passage au ministère du Pétrole. Qu’ils soient fondés, exagérés ou totalement faux, ils appellent des réponses précises. Sosthène Nguema Nguema aurait donc tout intérêt à sortir du registre de la riposte médiatique pour répondre, point par point, aux questions qui lui sont posées. Lorsqu’on exerce de hautes responsabilités publiques, le silence ou la contre-offensive communicationnelle ne suffisent pas toujours à dissiper le doute.

Une autre polémique mérite également d’être clarifiée. Des propos lui sont prêtés selon lesquels son départ du ministère du Pétrole serait lié à l’entourage familial du Président de la République, avec notamment le nom d’Aurélien Mintsa Mi Nguema, frère du Chef de l’État, cité dans ces récits. Le ministre a-t-il réellement tenu ces propos ? Si oui, sur quels faits reposent-ils ? Si non, il lui appartient de les démentir clairement. Une accusation aussi sensible ne peut durablement prospérer dans l’espace public sans clarification.

Il en va de même des allégations concernant ses rapports passés avec certaines entreprises du secteur pétrolier et de supposées sollicitations financières. Ce sont des accusations graves qui ne peuvent être transformées en vérités par la seule répétition. Mais leur gravité impose précisément que la lumière soit faite. Si elles sont mensongères, le ministre dispose des voies appropriées pour les réfuter. Si des faits documentés existent, ils doivent pouvoir être examinés par les institutions compétentes.

Aujourd’hui, Sosthène Nguema Nguema est dans l’œil du cyclone et il le sait. Chercher à gagner la bataille de la toile ne règlera pas les interrogations de fond. L’opinion n’attend pas une succession d’articles favorables ou de prises de position complaisantes : elle attend des faits, des réponses et, lorsque cela est nécessaire, des preuves.

Le ministre des Mines gagnerait donc à prendre lui-même la parole. Non pour attaquer ceux qui le critiquent, mais pour expliquer sa gestion, répondre aux accusations qui le visent et clarifier les controverses qui l’accompagnent. Dans la République nouvelle qui revendique davantage de transparence et de responsabilité dans la gestion de la chose publique, la communication ne doit jamais servir de substitut à la reddition des comptes.

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