La convocation, le 3 septembre 2026 à Libreville, des responsables de 21 entreprises attributaires de marchés financés sur l’enveloppe de 7 milliards de FCFA accordée à la Nyanga remet au centre du débat une exigence essentielle : celle de la reddition des comptes. Des milliards avaient été mobilisés pour répondre aux besoins prioritaires des populations à travers des routes, écoles, structures sanitaires, ouvrages hydrauliques et autres infrastructures de proximité.
Aujourd’hui, il faut pouvoir confronter les sommes engagées aux réalisations effectivement visibles sur le terrain.
Cette démarche ne signifie pas que les entreprises convoquées sont coupables de mauvaise gestion.
Elle doit justement permettre d’établir les faits : quels marchés ont été attribués ? Quels montants ont été décaissés ? Quels travaux ont été exécutés ? Dans quels délais ? Et qui a contrôlé ou réceptionné les ouvrages ? Les entreprises ayant respecté leurs engagements doivent pouvoir le démontrer, tout comme les éventuelles défaillances doivent être clairement identifiées.
Mais l’affaire de la Nyanga pose désormais une question beaucoup plus large. D’autres provinces du Gabon ont elles aussi bénéficié d’enveloppes de 7 milliards de FCFA pour financer des projets prioritaires.
Pourquoi, dès lors, ne pas étendre cette exigence de transparence à l’ensemble des provinces concernées ? Un état des lieux national permettrait de publier, province par province, les projets financés, les entreprises retenues, les sommes effectivement versées et les taux d’exécution des différents chantiers.
Car pour les populations, 7 milliards ne sont pas simplement une ligne dans un budget. Ce sont des routes qui doivent être praticables, des écoles qui doivent accueillir des enfants, des centres de santé qui doivent fonctionner, de l’eau qui doit couler et des infrastructures qui doivent améliorer le quotidien. Chaque franc public dépensé doit pouvoir correspondre à une réalisation identifiable.
La Nyanga pourrait ainsi ouvrir la voie à un vaste audit des enveloppes provinciales. Non pas pour condamner avant d’avoir vérifié, mais pour établir la vérité, protéger les deniers publics et restaurer la confiance. La question dépasse donc désormais la seule Nyanga : que sont devenus les milliards accordés aux provinces du Gabon, et qu’est-ce que les populations peuvent aujourd’hui réellement voir et mesurer avec cet argent ?

