Le chiffre est considérable. Près de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes prononcés par la Cour des comptes sont désormais au cœur d’une opération de recouvrement. Environ 600 personnes physiques et morales sont concernées.
Le président de la République leur a accordé un délai d’un mois, jusqu’au 7 octobre 2026, pour s’acquitter des sommes dues à l’État. Passé ce délai, les dossiers non régularisés pourraient être transmis à la juridiction répressive compétente.
Derrière ce montant vertigineux, c’est toute la question de la gestion des finances publiques qui ressurgit. La Cour des comptes ne parle pas simplement d’un manque à gagner : les sommes concernées résultent de débets et d’amendes prononcés à l’encontre de responsables ou gestionnaires soumis au contrôle financier.
L’enjeu dépasse donc le seul recouvrement comptable. Pour l’État, récupérer effectivement ces fonds permettrait de reconstituer une partie de marges financières dans un contexte où les besoins sont importants : infrastructures, éducation, santé, énergie ou encore remboursement de la dette.
Mais l’opération pose aussi une question essentielle : combien de ces 1 700 milliards pourront réellement être récupérés ? Entre les capacités financières des débiteurs, les procédures judiciaires et les éventuels contentieux, le passage du chiffre annoncé aux sommes effectivement encaissées pourrait être long.
Cette échéance du 7 octobre constitue ainsi un premier test. Elle permettra surtout de mesurer la capacité de l’État à transformer une décision de contrôle en récupération effective de ressources publiques.

