Un autre épisode mérite aujourd’hui d’être éclairci : celui des relations particulièrement tendues entre le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, et l’ancien agent comptable de son département ministériel. Selon les informations et témoignages qui circulent autour de ce différend, les deux hommes seraient devenus, au fil des mois, « chien et chat », jusqu’au départ de l’agent comptable, acté par la suite en Conseil des ministres.
Mais que s’est-il réellement passé entre les deux responsables ? Au cœur du différend se trouverait une question pourtant élémentaire dans la gestion des deniers publics : la justification des dépenses. Dans l’exercice de ses responsabilités de payeur, l’agent comptable aurait exigé des pièces justificatives pour certaines dépenses dont le paiement lui était demandé. Il aurait notamment refusé d’engager sa responsabilité sur des sorties de fonds qu’il estimait insuffisamment documentées ou justifiées.
Si cette version des faits est exacte, une question s’impose : pourquoi le fait, pour un agent comptable, d’exiger des justificatifs avant de décaisser l’argent de l’État aurait-il provoqué une telle confrontation ? Demander une facture conforme, une pièce justificative ou s’assurer de la régularité d’une dépense ne constitue pas une défiance envers un ministre. C’est précisément le rôle d’un comptable public et une exigence élémentaire de protection des deniers publics.
Plus troublant encore, certains établissent aujourd’hui un lien entre ce bras de fer et le départ de l’agent comptable. Là encore, plutôt que de laisser prospérer les soupçons, Sosthène Nguema Nguema devrait s’expliquer. Est-il intervenu, directement ou indirectement, pour obtenir son remplacement ? Le désaccord portait-il réellement sur des dépenses dont les justificatifs étaient réclamés ? Quelles étaient ces dépenses et ont-elles finalement été régulièrement justifiées ? Voilà des questions précises auxquelles des réponses précises peuvent être apportées.
Car le véritable sujet dépasse désormais les querelles de personnes. Il concerne la gestion de l’argent public. Et sur cette question, ni les articles favorables, ni les soutiens sur les réseaux sociaux, ni une quelconque bataille de communication ne peuvent remplacer la transparence. Si tout a été fait dans les règles, alors les documents et les procédures devraient permettre de le démontrer simplement. Lorsqu’il s’agit de l’argent de l’État, demander des justificatifs ne devrait jamais devenir un problème.

