Affaire Lobelle Yembi : après Kigali, Libreville face à l’épreuve de la justice

Le dossier du député Augustin Lobali Yembi change désormais de terrain. Arrêté le 3 septembre à l’aéroport de Kigali, au Rwanda, à la suite d’une altercation avec un superviseur de vols de la compagnie RwandAir, le parlementaire gabonais doit être transféré vers le Gabon.

Après plusieurs jours de détention, les autorités rwandaises ont autorisé son départ le 6 septembre. Selon le ministère gabonais des Affaires étrangères, cette issue s’inscrit dans le cadre des relations d’amitié et de fraternité entre Libreville et Kigali, ainsi que des liens entre les présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Paul Kagame.

Mais si la dimension diplomatique de l’affaire semble avoir trouvé une issue, la dimension judiciaire, elle, reste entière. Le député doit désormais être remis à la disposition de la justice gabonaise.
C’est ici que le dossier prend une portée politique. La question n’est plus seulement de savoir ce qui s’est passé à Kigali, mais comment la justice gabonaise va traiter un dossier impliquant un élu de la Nation.
Une interrogation accompagne notamment son retour : quel sera le régime juridique applicable à un parlementaire poursuivi pour des faits commis à l’étranger ? La question de l’immunité parlementaire pourrait également entrer dans le débat si des poursuites sont engagées.

L’affaire constitue donc un test grandeur nature pour le principe d’égalité devant la justice. Après l’intervention diplomatique, Libreville devra désormais montrer que le retour du député ne signifie pas la fin de la procédure, mais son déplacement vers le cadre judiciaire national.

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