Pénurie de carburant : le Grand Libreville face à la tension des pompes

Depuis le 30 septembre, le Grand Libreville est confronté à une importante pénurie de gasoil. Dans plusieurs stations-service, notamment aux Charbonnages, à Bessieux, à la Peyrie, à Supergros ou encore au Carrefour Hassan, les automobilistes ont été confrontés à des files d’attente parfois interminables et à des pompes à sec.

La situation a conduit certains marketeurs à rationner les quantités disponibles. Dans un communiqué publié le 2 octobre, le ministère du Pétrole et du Gaz expliquait cette tension par une diminution des stocks disponibles chez certains distributeurs. Pour maintenir l’approvisionnement, les quantités encore disponibles à la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) ont été mises à la disposition des marketeurs, dans l’attente d’une nouvelle cargaison.

Le dénouement a commencé à se dessiner le 4 octobre. Un navire transportant environ 30 000 m³ de carburant a accosté au port d’Owendo. Les camions-citernes ont alors commencé à ravitailler progressivement les stations-service de Libreville, avant une redistribution vers les autres localités du pays.

Derrière cette crise se trouve toutefois une question plus structurelle : celle de la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement. Au Gabon, la disponibilité du carburant dépend de plusieurs maillons, de la production et du raffinage jusqu’au stockage, au transport et à la distribution. Lors d’un panel organisé en marge du Salon africain des infrastructures, le directeur général adjoint de Gab’Oil, Michel Aubert, a justement insisté sur la nécessité de disposer du produit sur l’ensemble du territoire et de renforcer chaque maillon de cette chaîne.

La tension actuelle dépasse par ailleurs les seules frontières gabonaises. Les marchés internationaux des produits pétroliers raffinés restent soumis à des perturbations liées notamment aux difficultés logistiques et géopolitiques. Pour un pays producteur de pétrole comme le Gabon, l’épisode rappelle ainsi qu’être producteur de brut ne garantit pas, à lui seul, une disponibilité permanente du carburant à la pompe.

Si l’arrivée de la nouvelle cargaison doit permettre une amélioration progressive de la situation, la crise pose une question de fond : comment garantir durablement l’approvisionnement du marché national et éviter qu’une perturbation de la chaîne ne se transforme en pénurie dans les stations-service ?

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