Il faut parfois savoir dire stop.
Depuis quelques jours, une vidéo dans laquelle des propos particulièrement injurieux sont tenus à l’encontre du Président de la République, de la Première Dame et même de la mère de cette dernière suscite une vive indignation.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs Gabonais s’insurgent et prennent position pour condamner ce qu’ils considèrent comme une dérive qui dépasse largement le cadre de la critique politique.
Et sur ce sujet, il faut sortir des considérations politiques pour revenir à quelque chose de beaucoup plus simple : le respect.
Nous sommes dans une démocratie. Critiquer le Président de la République est un droit. Critiquer son gouvernement, ses décisions, ses choix ou son bilan est également un droit. On peut être d’accord ou ne pas être d’accord. On peut interpeller, dénoncer et contester avec fermeté.
Mais depuis quand faut-il insulter pour se faire entendre ?
Depuis quand une divergence politique autorise-t-elle à s’attaquer à une épouse, à une mère ou à une famille ?
Le plus inquiétant est peut-être ailleurs : l’insulte est progressivement devenue un spectacle sur les réseaux sociaux.
Plus les mots sont violents, plus les vidéos circulent. Plus on humilie, plus on espère faire du buzz. Et à force de banaliser ces comportements, nous risquons de faire croire que l’injure est devenue une manière normale de participer au débat public.
Ce n’est pas acceptable.
Et cette règle doit être la même pour tout le monde.
Lorsqu’un simple citoyen est insulté, humilié ou attaqué gratuitement sur les réseaux sociaux, nous devons également nous en indigner. La dignité d’une personne ne dépend pas de sa fonction ou de son statut.
Aujourd’hui, c’est le Président et sa famille. Demain, cela peut être vous, votre épouse, votre mari, votre mère ou votre enfant.
Défendre la liberté d’expression, oui.
Défendre le droit de critiquer ceux qui nous gouvernent, absolument.
Mais utiliser cette liberté pour justifier l’insulte, l’humiliation et les attaques contre les familles, non.
Le Gabon a besoin d’un débat public vivant. Il a besoin de citoyens capables de questionner, de dénoncer ce qui ne fonctionne pas et de demander des comptes à ceux qui gouvernent.
Mais nous pouvons le faire sans perdre notre éducation, notre respect de l’autre et notre humanité.
La démocratie nous donne le droit de parler.
Elle ne nous donne pas le droit de tout dire, n’importe comment

