Depuis maintenant plusieurs jours, des milliers de Gabonais se retrouvent dans l’incapacité de recharger leurs compteurs électriques prépayés à cause d’une panne du système EDAN.
Une situation que certains tentent de présenter comme un simple incident technique. Pourtant, pour les populations, les conséquences sont bien réelles.
Des familles entières sont privées d’électricité. Des commerces voient leurs marchandises se détériorer. Dans les maisons, les congélateurs et les réfrigérateurs se vident peu à peu de leur contenu. Viandes, poissons, produits surgelés : tout ce qui a été acheté au prix fort risque aujourd’hui d’être jeté à la poubelle.
Et pendant ce temps, le silence domine.
Étrangement, très peu de voix s’élèvent sur les réseaux sociaux pour dénoncer une situation qui touche pourtant directement le quotidien des Gabonais. Comme si l’on s’était habitué à considérer l’inacceptable comme normal.
Pourtant, cette situation n’est ni normale ni acceptable.
Car au-delà de la panne elle-même, une question fondamentale se pose : qui assumera les conséquences de ce dysfonctionnement ?
Qui va indemniser les ménages qui ont perdu plusieurs dizaines de milliers de francs CFA de denrées alimentaires ?
Qui va compenser les petits commerçants dont l’activité dépend de la conservation de produits frais ?
Qui prendra en charge les équipements électriques qui, depuis des années, subissent les conséquences des délestages à répétition, des coupures brutales et des variations de tension ?
Les Gabonais ont le sentiment de toujours payer les conséquences des défaillances d’un système dont ils ne sont pourtant pas responsables.
Et connaissant malheureusement le fonctionnement de nombreuses entreprises publiques ou délégataires de service dans notre pays, beaucoup craignent déjà qu’aucune sanction ne soit prononcée contre les responsables de cette situation.
Comme souvent, les usagers subiront les préjudices pendant que les institutions se contenteront de communiquer sur les causes techniques de la panne.
Mais cela ne suffit plus.
Les populations ont besoin de réponses claires.
Que s’est-il exactement passé ?
Comment un système aussi stratégique a-t-il pu être paralysé pendant plusieurs jours ?
Quelles mesures ont été prises pour éviter qu’une telle situation se reproduise ?
Et surtout, quelle est la position du ministre de tutelle face à cette crise ?
Car il ne s’agit pas seulement d’un problème informatique. Il s’agit d’un problème qui affecte directement la vie quotidienne des citoyens.
Cette panne intervient dans un contexte déjà marqué par des délestages récurrents qui empêchent de nombreuses familles de conserver correctement leurs aliments, perturbent les activités économiques et endommagent parfois les appareils électroménagers sans qu’aucun mécanisme de compensation n’existe réellement.
Pour beaucoup de Gabonais, cet épisode est la démonstration supplémentaire d’un profond mépris envers les usagers, qui continuent de payer pour un service dont la qualité demeure insuffisante.
Le citoyen gabonais n’est pas seulement un consommateur. Il est aussi un contribuable et un usager qui a droit à un service fiable, à la transparence et au respect.
Lorsqu’une entreprise faillit à ses obligations et que cette défaillance provoque des pertes importantes pour les populations, il doit y avoir des conséquences.
Il doit y avoir réparation.
Parce qu’au final, ce sont toujours les mêmes qui paient la facture.

